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Martedì 26 Ott 2021
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Arthur Rimbaud: 'Notte dell'Inferno'

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Arthur Rimbaud

Notte dell'Inferno



Ho ingoiato una formidabile sorsata di veleno. – Tre volte benedetto il consiglio che mi è giunto! – Le viscere mi bruciano. La violenza del veleno mi torce le membra, mi rende deforme, mi rovescia a terra. Muoio di sete, soffoco, non posso gridare. È l'inferno, la pena eterna! Guardate come il fuoco si rialza! Brucio come si deve. Va', demonio!

Avevo intravisto la conversione al bene e alla felicità, la salvezza. Come posso descrivere questa visione? l'aria dell'inferno non tollera inni! Erano miriadi di creature deliziose, un soave concerto spirituale, la forza e la pace, le nobili ambizioni, che so?

Le nobili ambizioni!

Ed è ancora la vita! – Se la dannazione è eterna! Un uomo che vuole mutilarsi è dannato sul serio, non è vero? Mi credo in inferno, dunque ci sono. È l'adempimento del catechismo. Io sono schiavo del mio battesimo. Genitori, avete fatto la mia rovina e voi la vostra. Povero innocente! L'inferno non può colpire i pagani. – È ancora la vita! Poi, le delizie della dannazione saranno più profonde. Un delitto, presto, che io cada nel nulla, secondo la legge degli uomini.

Taci, ma taci dunque!... Qui, la vergogna, il rimprovero: Satana che dice che il fuoco è ignobile, che la mia rabbia è spaventosamente stupida. – Basta!... con gli errori che mi suggeriscono: magie, falsi profumi, musiche puerili. – E dire che ho in mano la verità, che vedo la giustizia: ho un giudizio sano e sicuro, sono pronto per la perfezione... Orgoglio. – La pelle del mio cranio si secca. Pietà! Signore, io ho paura. Ho sete, tanta sete! Ah! l'infanzia, l'erba, la pioggia, il lago sui sassi, il chiaro di luna quando al campanile scoccavano le dodici... il diavolo sta sul campanile a quest'ora. Maria! Vergine Santa!... – Orrore della mia stupidità.

Laggiù, non vi sono forse delle anime oneste, che mi vogliono bene?... Venite... Ho un guanciale sulla bocca, non mi sentono, sono fantasmi. E poi, nessuno pensa mai agli altri, mai. Non avvicinatevi. Puzzo di bruciato, è sicuro.

Le allucinazioni sono innumerevoli. È proprio quello che ho sempre avuto: più nessuna fede nella storia, la dimenticanza dei princìpi. Non ve ne parlerò: poeti e visionari sarebbero gelosi. Sono cento volte il più ricco, siamo dunque avari come il mare.

Questa poi! l'orologio della vita si è fermato poco fa. Non sono più al mondo. – La teologia è seria, l'inferno è certamente in basso – e il cielo in alto. – Estasi, incubo, sonno in un nido di fiamme.

Quante malizie nell'attenzione nella campagna... Satana, Ferdinando, corre con le sementi selvatiche... Gesù cammina sui rovi porporini, senza piegarli... Gesù camminava sulle acque irritate. La lanterna ce lo mostrò in piedi, bianco con le trecce brune, sul fianco di un'onda di smeraldo...

Ora svelerò tutti i misteri: misteri religiosi o naturali, morte, nascita, avvenire, passato, cosmogonia, nulla. Sono maestro di fantasmagorie.

Ascoltate!...

Ho tutti i talenti! – Non c'è nessuno qui e qualcuno c'è: non vorrei sperperare il mio tesoro. – Volete canti negri, danze di urì? Volete che io scompaia, che mi tuffi alla ricerca dell'anello? Lo volete? Farò dell'oro, dei farmachi.

Abbiate dunque fiducia in me, la fede conforta, guida, risana. Voi tutti venite, – anche i fanciulli, – che io vi consoli, che si effonda per voi il suo cuore, – quel cuore meraviglioso! – Poveri uomini, lavoratori! Io non chiedo preghiere; solo con la vostra fiducia sarò felice.

– E pensiamo a me. Tutto ciò non mi fa rimpiangere molto il mondo. Sono fortunato se non soffro di più. La mia vita non fu che dolci pazzie, è increscioso.

Bah! facciamo tutte le smorfie immaginabili.

Decisamente, siamo fuori dal mondo. Più nessun suono. Il tatto mi è scomparso. Ah! mio castello, mia Sassonia, mio bosco di salici. Le sere, i mattini, le notti, i giorni... Come sono stanco!

Dovrei avere il mio inferno per l'ira, il mio inferno per l'orgoglio, – e l'inferno della carezza; un concerto di inferni.

Muoio di stanchezza. È la tomba, me ne vado ai vermi, orrore dell'orrore! Satana, buffone, tu vuoi dissolvermi, con le tue malìe. Lo esigo. Lo esigo! Un colpo di forca, una goccia di fuoco.

Ah! risalire alla vita! Dare un'occhiata alle nostre deformità. E quel veleno, quel bacio mille volte maledetto! La mia debolezza, la crudeltà del mondo! Mio Dio, pietà, nascondimi, mi comporto troppo male! – Sono nascosto e non lo sono.

È il fuoco che si ravviva con il suo dannato.


(Traduzione di Ivos Margoni e Cesare Colletta)


[ FONTE ]


***

Nuit de l'enfer


J'ai avalé une fameuse gorgée de poison. – Trois fois béni soit le conseil qui m'est arrivé ! – Les entrailles me brûlent. La violence du venin tord mes membres, me rend difforme, me terrasse. Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier. C'est l'enfer, l'éternelle peine ! Voyez comme le feu se relève ! Je brûle comme il faut. Va, démon !

J'avais entrevu la conversion au bien et au bonheur, le salut. Puis-je décrire la vision, l'air de l'enfer ne soufre pas les hymnes ! C'était des millions de créatures charmantes, un suave concert spirituel, la force et la paix, les nobles ambitions, que sais-je ?

Les nobles ambitions !

Et c'est encore la vie ! – Si la damnation est éternelle ! Un homme qui veut se mutiler est bien damné, n'est-ce pas ? Je me crois en enfer, donc j'y suis. C'est l'exécution du catéchisme. Je suis esclave de mon baptême. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre. Pauvre innocent ! – L'enfer ne peut attaquer les païens. – C'est la vie encore ! Plus tard, les délices de la damnation seront plus profondes. Un crime, vite, que je tombe au néant, de par la loi humaine.

Tais-toi, mais tais-toi !... C'est la honte, le reproche, ici: Satan qui dit que le feu est ignoble, que ma colère est affreusement sotte. – Assez !... Des erreurs qu'on me souffle, magies, parfums, faux, musiques puériles. – Et dire que je tiens la vérité, que je vois la justice: j'ai un jugement sain et arrêté, je suis prêt pour la perfection... Orgueil. – La peau de ma tête se dessèche. Pitié ! Seigneur, j'ai peur. J'ai soif, j'ai si soif ! Ah ! l'enfance, l'herbe, la pluie, le lac sur les pierres, le clair de lune quand le clocher sonnait douze... le diable est au clocher, à cette heure. Marie ! Sainte-Vierge !... – Horreur de ma bêtise.

Là-bas, ne sont-ce pas des âmes honnêtes, qui me veulent du bien... Venez... J'ai un oreiller sur la bouche, elles ne m'entendent pas, ce sont des fantômes. Puis, jamais personne ne pense à autrui. Qu'on n'approche pas. Je sens le roussi, c'est certain.

Les hallucinations sont innombrables. C'est bien ce que j'ai toujours eu: plus de foi en l'histoire, l'oubli des principes. Je m'en tairai: poëtes et visionnaires seraient jaloux. Je suis mille fois le plus riche, soyons avare comme la mer.

Ah ça ! l'horloge de la vie s'est arrêtée tout à l'heure. Je ne suis plus au monde. – La théologie est sérieuse, l'enfer est certainement en bas – et le ciel en haut. – Extase, cauchemar, sommeil dans un nid de flammes.

Que de malices dans l'attention dans la campagne... Satan, Ferdinand, court avec les graines sauvages... Jésus marche sur les ronces purpurines, sans les courber... Jésus marchait sur les eaux irritées. La lanterne nous le montra debout, blanc et des tresses brunes, au flanc d'une vague d'émeraude...

Je vais éveiller tous les mystères: mystères religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, passé, cosmogonie, néant. Je suis maître en fantasmagories.

Écoutez !...

J'ai tous les talents ! – Il n'y a personne ici et il y a quelqu'un: je ne voudrais pas répandre mon trésor. – Veut-on des chants nègres, des danses de houris ? Veut-on que je disparaisse, que je plonge à la recherche de l'anneau ? Veut-on ? Je ferai de l'or, des remèdes.

Fiez-vous donc à moi, la foi soulage, guide, guérit. Tous, venez, – même les petits enfants, – que je vous console, qu'on répande pour vous son coeur, – le coeur merveilleux ! – Pauvres hommes, travailleurs ! Je ne demande pas de prières; avec votre confiance seulement, je serai heureux.

– Et pensons à moi. Ceci me fait peu regretter le monde. J'ai de la chance de ne pas souffrir plus. Ma vie ne fut que folies douces, c'est regrettable.

Bah ! faisons toutes les grimaces imaginables.

Décidément, nous sommes hors du monde. Plus aucun son. Mon tact a disparu. Ah ! mon château, ma Saxe, mon bois de saules. Les soirs, les matins, les nuits, les jours... Suis-je las !

Je devrais avoir mon enfer pour la colère, mon enfer pour l'orgueil, – et l'enfer de la caresse; un concert d'enfers.

Je meurs de lassitude. C'est le tombeau, je m'en vais aux vers, horreur de l'horreur ! Satan, farceur, tu veux me dissoudre, avec tes charmes. Je réclame. Je réclame ! un coup de fourche, une goutte de feu.

Ah ! remonter à la vie ! Jeter les yeux sur nos difformités. Et ce poison, ce baiser mille fois maudit ! Ma faiblesse, la cruauté du monde ! Mon dieu, pitié, cachez-moi, je me tiens trop mal ! – Je suis caché et je ne le suis pas.

C'est le feu qui se relève avec son damné.


(da 'Una stagione all'inferno' | Une saison en enfer | 1873)


[ FONTE ]


Jean Nicolas Arthur Rimbaud (Charleville-Mézières, 20 ottobre 1854 – Marsiglia, 10 novembre 1891)


[ CLICCA QUI PER LEGGERE ALCUNE CITAZIONI DI ARTHUR RIMBAUD ]




# La Poesia al Cinema: Film che la citano #


"Amanti Criminali" | Les Amants Criminels | 1999, di François Ozon


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